me, myself and I
d’abord il y a la mer, que je n’avais jamais tant souhaité voir.
ensuite il y a ces bonbons qui rendent hermétique.
et puis il y a le contact, que je redoute autant que j’en ai besoin.
il y a des mots que je n’attendais pas, et qui sont venus me réchauffer. il y a d’autres mots aussi, que j’attendais, mais qui ne sont hélas pas venus.
il y a cette pluie, fine et froide, qui apaise et rince les âmes.
il y a la Dame de Fer, que je dois prendre en photo pour O.
il y a des inconnus qui savent illuminer l’instant, comme ça, par un sourire dans la rue ou le métro.
il y a cette échéance qui se rapproche. lentement mais sûrement.
il a ces clefs, que j’ai encore du mal à savoir miennes.
il y a une phrase, qui résonne encore dans ma tête. “j’ai conscience de me trouver en face d’un épais bouclier; et mobile avec ça.”
il y a cet endroit, où il faudra bien que je finisse par me sentir chez moi.
il y a ce réconfort parisien, quasi-quotidien. cette oreille attentive et tolérante. je n’en demandais pas tant. j’ai de la chance.
il y a Toulon aussi. qui s’inquiète, se manifeste. et ne lâche pas ma main. aujourd’hui encore.
il y a des émotions. parfois contradictoires, parfois concordantes. mais toujours violentes.
il y a la nuit, dont il m’arrive aujourd’hui d’avoir à me méfier.
il y a le silence. assourdissant.
il y a M., qui s’est pointée en silence un après-midi avec sa cuillère pour me ramasser. un petit marin qui joue les bouées, quoi de plus logique…?
il y a l’envie. fluctuante. très.
il y a le gardé à vue, que j’aimerais voir s’épanouir.
il y a ce médecin. avec ses clichés, ses questions intrusives, ses gros sabots.
il y a cette nostalgie tenace, sortie d’on ne sait où.
enfin il y a cette fille, qui écrit sans se relire.
et qui, quand elle le fera, ne comprendra pas non plus.