les premiers jours passés, c’est une version “machine de guerre” de moi-même que je vois s’avancer vers les épreuves qui vont suivre. demain, par exemple. j’envisageais initialement d’essayer de sauver une matière fort peu intéressante. et là, à sept heures du début des festivités, une petite voix persistante me souffle que je peux tous les fumer, que ce soit sur la filiation, la répudiation, le renvoi ou le mariage.
la morale, c’est que le ginseng sait rendre la dignité que la trouille a fait disparaitre.
j’ai l’impression d’avoir reculé de 10 mois sur la frise chronologique. je me sens vidée, incapable du moindre effort. tout me parait insurmontable et je flippe sans vraiment savoir pourquoi.
j’ai juste envie de sortir, d’aller marcher, de voir du monde, de parler. le paradoxe, c’est qu’il y a trois jours à peine, j’avais besoin d’être seule comme rarement.
une partie de moi déconne sec. l’autre la regarde, impuissante.
j’aimerais tant pouvoir rester là, affalée sur le futon, les bras ballants. à frôler les boucles du tapis de la pulpe des doigts. regarder la fumée s’échapper du mug en verre dépoli rempli de café. écouter les voix d’un blues caverneux, l’esprit au ralenti.