tout ce que je sais, c’est que j’ai envie d’écouter du metal très fort et complètement bourrée. de foncer droit vers la gare sauter dans le premier train pour le sud en espérant m’y vider complètement la tronche. et d’en ramener mes Doc’ noires et la veste de surplus militaire que je portais à 23 ans.
celle avec le flocage en feutrine noire de “Jesus superstar”.
le gros de l’orage est passé. pourtant je fais les fonds de tiroir à la recherche de miettes de motivation. en prévision des ondées résiduelles.
ce qui est dommage, c’est que certaines matières sont réellement intéressantes. mais je me découvre lassée de ce travail de longue haleine qui consiste à tenter de standardiser les cerveaux en milieu carcéral dès l’âge de 3 ans. cette manie de vouloir nous faire ingurgiter des pensées au lieu de nous apprendre à penser devrait pourtant les inciter à relire l’ami Manu.
l’enjeu, c’est donc de parvenir à la dernière page d’indigestes pavés en un minimum de temps. ça et tenir sans dormir jusqu’à jeudi.
alors seulement, je pourrai replonger dans des lectures autrement plus attractives. voir mon Aussie. appeler mon petit Suisse. me mettre une caisse. regarder le Super Bowl en mangeant des chips au poulet rôti.
les premiers jours passés, c’est une version “machine de guerre” de moi-même que je vois s’avancer vers les épreuves qui vont suivre. demain, par exemple. j’envisageais initialement d’essayer de sauver une matière fort peu intéressante. et là, à sept heures du début des festivités, une petite voix persistante me souffle que je peux tous les fumer, que ce soit sur la filiation, la répudiation, le renvoi ou le mariage.
la morale, c’est que le ginseng sait rendre la dignité que la trouille a fait disparaitre.
j’ai l’impression d’avoir reculé de 10 mois sur la frise chronologique. je me sens vidée, incapable du moindre effort. tout me parait insurmontable et je flippe sans vraiment savoir pourquoi.
j’ai juste envie de sortir, d’aller marcher, de voir du monde, de parler. le paradoxe, c’est qu’il y a trois jours à peine, j’avais besoin d’être seule comme rarement.
une partie de moi déconne sec. l’autre la regarde, impuissante.
j’aimerais tant pouvoir rester là, affalée sur le futon, les bras ballants. à frôler les boucles du tapis de la pulpe des doigts. regarder la fumée s’échapper du mug en verre dépoli rempli de café. écouter les voix d’un blues caverneux, l’esprit au ralenti.