nocturne
30 janvier 2012
me, myself and I


dans mon monde, la vie est autre chose qu’un interminable couloir trop étroit pour t’empêcher de faire demi-tour. son sel n’est pas de gesticuler en attendant de trouver la raison d’être de toute cette agitation. dans mon monde, mon père a une ampoule à la place de la tête et elle ne s’éteint pas immédiatement après que j’aie réussi à faire rougeoyer son filament. ma mère, elle, n’est pas un dommage collatéral de son éternelle errance affective. dans mon monde, inutile de te justifier parce que l’émotion qui t’a submergée à la découverte d’un tableau te donne cet air franchement instable. tu peux te poser des questions métaphysiques sans sentir poindre une boule dans ta gorge. dans mon monde, les gens refusent de laisser la télé les gaver d’idées prémâchées entre deux discours à haute teneur anxiogène et ils réfléchissent plus qu’ils ne parlent. dans mon monde, l’hypocrisie n’est pas vendeuse et la réussite n’a rien de social. dans mon monde, aller voter ne signifie pas devoir choisir entre des hystériques secoués de spasmes et des tire-au-flanc noyés dans un costume trop grand, et les ecclésiastes sont vus tels qu’ils sont (au mieux, des illuminés, au pire, des manipulateurs). dans mon monde, une murène ne peut pas écrire de livre pour enfants, le rock s’écoute obligatoirement trop fort et Alain Bashung dîne avec Simone Veil et Tim Burton.


le besoin d’écrire de 3h. ce poison qui te ronge le bide et te fait bouillir l’esprit des heures durant pour finir par te laisser t’endormir d’épuisement.


this is the noise that keeps me awake.


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forget
23 janvier 2012
me, myself and I


j’ai longtemps cru que c’était la peur de l’abandon qui compliquait mes liens avec les autres. aujourd’hui, je m’aperçois que la crainte que leur attachement ne soit feint surpasse largement cette angoisse.

je préfère l’absent à celui qui fait semblant d’être là.


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