après deux semaines à voir mes guiboles actionnées par pur réflexe, à dormir quatre heures par nuit et à avaler trois repas en une seule prise tardive, forcément, la carlingue finissait par avoir quelques ratés.
alors hier c’était soirée télé au chaud. de leur côté: plats raffinés et compétition. du nôtre: bières et pizza. et puis la box a décidé que non, finalement ce serait soirée écran enneigé. et on s’est dit que passer les cinquante Etats américains en revue était une bonne idée.
sauf que depuis, après m’être assurée que je les connaissais par coeur, je passe mon temps sur Wikipédia à mémoriser les démons associés aux péchés capitaux, les vertus catholiques en miroir, les merveilles du monde et autres plaies d’Egypte.
bref. j’ai un comportement compulsif vis-à-vis des listes aussi.
la voici donc. elle est arrivée avec son cortège de gouttes de pluie et de réveils frileux. la saison des questions. celle des bilans conditionnés et des conclusions à tirer. celle des “j’aurais pu” et autres “si j’avais su, je n’aurais pas“.
je m’aperçois que de 2008/2009, je ne regrette pas vraiment ce que j’ai pu faire ou dire. non en fait la tendance serait plus aux regrets de ne pas avoir fait ou dit certaines choses. qui m’auraient permis de me sentir plus en paix avec moi-même. plus fidèle à la minotte qui me surveille, le regard fixe et le sourcil relevé.
les entraves que je m’impose et qui me compliquent la vie sont le plus souvent inconscientes. pour autant elles ne me conviennent pas. je connais (au moins en partie) leur origine, leur raison d’être, ce sur quoi elles reposent. tout ce que je souhaite justement voir un jour régresser, au moins un peu. la méfiance, le besoin de contrôle, l’intransigeance. envers soi d’abord. envers les autres ensuite, soyons logiques.
je voudrais réussir à faire en sorte, toute proportion gardée, que mon Moi soit en conformité avec mon Ça. n’en déplaise à mon Surmoi, qui jusqu’ici m’a plutôt desservie.
l’autocensure, ça use. surtout quand elle ne préserve que de fragiles apparences. renvoyer une image lisse quand ce qui se trouve sous la surface n’est que vagues, je ne vois plus l’intérêt.
une légende urbaine veut qu’on gagne en sagesse en embrassant ses névroses.
en rentrant, ça me semblait être une bonne idée. s’installer sur le canapé et écouter un peu de musique, un verre de blanc à la main.
deux heures après, le vin est plus frais que moi. j’attends toujours ce connaud de marchand de sable, bercée par les quelques notes qui me parviennent encore. j’essaie de chasser les pensées stériles qui tournent dans ma caboche.
ma gentille keupine m’a récemment ramené de chez l’Oncle Sam LA tirelire. (me connaissant, elle n’aurait pu mieux choisir.)
tout de suite: le poids des mots, le choc des photos.
“Life is confusing. One minute you understand everything, and the next it feels like it’s all blown apart. In these moments, you may want to talk with someone, or just have them sit there and listen.
Of course, it’s impossible to predict when you’ll crack up, but it’s best to be prepared. That’s why we recommend starting your own Psych Fund. One coin at a time. It’s for your future. It’s for your best.