Lucidity (you bittersweet burden)

foutu prisme oculaire congénital. autant que je m’en souvienne, je n’ai toujours vu qu’à travers elle. un peu comme si j’étais née cyclope avec un fisheye au milieu du front. grand angle à en avoir la gerbe. distorsion de l’image. lignes périphériques dangereusement courbées. tu vois le truc? super pour marcher droit.
on te dit précoce à cinq ans, grave à dix, en souffrance à quinze et pessimiste à vingt-cinq. tout ça parce que tu vois ces côtés déformés qui échappent à d’autres.
sauf que si on t’avait filé le choix, t’aurais pris les mêmes binocles que tout le monde. ben ouais. du genre bas et étroits, avec lesquels on avance à l’aveuglette. inconsciente mais heureuse. quitte à prendre les mêmes portes dans la gueule, autant ne pas les voir arriver. c’est toujours ça que les Allemands n’auront pas.
je voudrais juste rêver encore un peu avant d’éteindre la lumière.
crédit photo: Aaron Courter (via Lense)
it runs in the family
(échange de SMS)
“(MOI) - Je t’aime petite poulette. C’est plus facile à écrire qu’à dire, il est vrai. N’empêche que.
(ELLE) - Relâchez ma sœur.”
CLARA 1 – COLINE 0
quelle morveuse. (aucun respect de son ainée.)
parce que #25
parce qu’une fois j’aimerais rentrer sobre du Dune, pour voir.
parce que toujours trop de “à quoi bon” au petit jour.
parce que y’a Barnabé, il a vomi dans les billets.
parce que rouler sa bosse et finir sa vie dans un mas de l’arrière-pays varois.
parce que Tim Burton.
parce que 800 bornes, c’est encore trop peu.
parce que maintenant, trouver un cadre.
parce qu’elle est ta mère, pas ta pote.
parce que les choses n’ont plus la même saveur depuis que.
parce que.
un dimanche soir sur la Terre
le week-end ne sera plus dans quelques minutes.
un pique-nique au parc Monceau (là où la racaille porte la mèche et des Repetto). un anniversaire au Dune (là où les gens parlent vrai et boivent du rhum à la menthe) et une nuit dans l’antre du Pape du karaoké (là où le geek chante du BritBrit en corrigeant Sagat). une balade aux Buttes, une pizza party et une sieste collective devant “Dollhouse” sur mon canapé (là où il fait bon dormir à trois sous un plaid).
j’attends que “Rome” commence. je viens de prendre une douche. mon voisin va et vient dans son salon, un chapeau de cow-boy vissé sur la tête. je suis en peignoir, les cheveux qui gouttent encore sur la capuche. le regard vide, fixé sur l’écran.
pendant ce temps, des Philippins vendent leur rein pour becter, des Indiennes louent leur utérus à des Occidentaux en mal d’enfant et un Américain accompagne femme et fille en Thaïlande acheter le bonnet D qu’ils leur ont choisi sur Internet.
je vais me faire un cappuccino.
pulp reality
et si je n’étais au fond qu’une éthylique dotée d’un balcon privatif?
ça m’irait, note.