Lucidity (you bittersweet burden)
23 juin 2009
me, myself and I


Aaron Courter


foutu prisme oculaire congénital. autant que je m’en souvienne, je n’ai toujours vu qu’à travers elle. un peu comme si j’étais née cyclope avec un fisheye au milieu du front. grand angle à en avoir la gerbe. distorsion de l’image. lignes périphériques dangereusement courbées. tu vois le truc? super pour marcher droit.

on te dit précoce à cinq ans, grave à dix, en souffrance à quinze et pessimiste à vingt-cinq. tout ça parce que tu vois ces côtés déformés qui échappent à d’autres.

sauf que si on t’avait filé le choix, t’aurais pris les mêmes binocles que tout le monde. ben ouais. du genre bas et étroits, avec lesquels on avance à l’aveuglette. inconsciente mais heureuse. quitte à prendre les mêmes portes dans la gueule, autant ne pas les voir arriver. c’est toujours ça que les Allemands n’auront pas.


je voudrais juste rêver encore un peu avant d’éteindre la lumière.



crédit photo: Aaron Courter (via Lense)







it runs in the family
21 juin 2009
me, myself and I


(échange de SMS)


(MOI) -  Je t’aime petite poulette. C’est plus facile à écrire qu’à dire, il est vrai. N’empêche que.

(ELLE) -  Relâchez ma sœur.”


CLARA 1 – COLINE 0


quelle morveuse. (aucun respect de son ainée.)