butin de soirée
(essayer de) se lever et faire l’inventaire des troupes:
- une demie-bouteille de Get
- les deux-tiers d’une bouteille de vodka (je déteste la Pologne là tout de suite)
- une veste de garçon
- un tube de citrate de bétaïne vide
- du magma en fusion dans le ventre
- un Montpelliérain (bientôt Tègzan) qui va smasher du mauvais côté du filet ce soir
mon corps réclame une retraite monacale de toute urgence.
(Bob B., je te réponds dès que j’ai ré-assemblé mes neurones.)
inner storm
ça arrive sans crier gare.
une vague nait dans les tripes et exige qu’on la laisse sortir. l’intérieur devient néant, l’extérieur oppressant. les membres se mettent à trembler. la respiration embrasse l’anarchie et les yeux se remplissent. il fait si froid que j’en ai les lèvres bleues.
elle explique que c’est la sortie de secours de l’Inconscient. qu’il lui en faut une. elle ajoute que ça se gère. qu’à défaut, j’en crèverai. et que si la bouche exprimait davantage, les pensées seraient moins embuées.
il faudrait sans doute que j’essaie de la laisser parler. que je leur dise. un “pauvre tâche” par ici, un “tu me manques” par là. “oublie jusqu’à mon nom”. “tu me plais”. “merci”. “j’ai peur”. “tu marches à l’envers”.
j’ai la tête en bordel.
vérité contrefaite
je te vois te mentir. encore plus aujourd’hui que. tu vis dans un monde fantasmé, au milieu de chimères tout juste post-adolescentes. si cette succession perpétuelle d’arrangements avec la réalité rend ta traversée plus douce, après tout pourquoi pas? oui mais.
le problème majeur avec le mensonge, c’est le mécanisme d’addiction sur lequel il repose. entre deux shoots, la lucidité te rattrape. et te reproche ta fuite. tu sais.
quant aux gens qui refusent d’entrer dans la mascarade, ceux-là sont le diable personnifié. tu t’en éloignes sous des prétextes fallacieux. tu te persuades que tout est leur faute.
et tu te fourvoies. une fois de plus.
j’espère qu’il n’y a pas trop de courants d’air dans ton château de cartes.
follow the unicorn
“Alison Goldfrapp demande qu’on lui rende sa garde-robe.”
God bless the remote control
je me suis interrogée pendant des années. j’ai tourné et retourné la question dans tous les sens. je l’ai posée à ma mère d’abord (qui conserve à ce jour la palme de la réponse la plus funky fresh), au père Christian ensuite, puis à un pasteur, à ma prof de SVT et finalement à un rabbin. j’ai même questionné directement le principal intéressé. toujours le même mystère. la même incertitude qui plane. le même voile, que tout le monde refuse de lever.
et puis ce soir j’ai su. enfin. la réponse m’est parvenue, comme délicatement déposée parmi mes songes par les angelots de Raphaël. et pareille révélation, ça se partage. dans l’amour de son prochain, selon sa volonté.
Dieu existe.
(comment je le sais? fastoche! je reçois Canal + en clair depuis deux jours. du coup cette nuit, Dieu ressemble à ça. et là, tout de suite, j’ai très envie d’être pieuse.)