kaléïdoscope
quand je n’ingère pas des ampoules d’un liquide au goût immonde pour rester éveillée toute la nuit et réviser apprendre, je m’endors comme foudroyée à 21h sur le canapé - mon boulot est chouette, mes collègues (presque tous importés) aussi - j’ai réussi à pousser petit à petit le gardé à vue vers la sortie. pourtant au moment de lui filer le dernier coup de pied, celui qui le fera plonger pour toujours dans le gouffre de mes souvenirs douloureux, je doute encore - les fourneaux me voient de plus en plus souvent. la satisfaction n’est pas encore de mise, mais Rome ne s’est pas faite en un jour, pas vrai? - j’ai très envie d’avoir un petit chat comme coloc. Houston, on a un problème… - ma balance a un contentieux avec les repas que je saute, faute de temps et/ou d’appétit (heureusement, j’ai découvert le régime miracle) - le quaterback est parti trop tôt - même (très) entouré, le miroir ne nous renvoit que notre reflet - un clodo a cru qu’il pouvait jouer les machos avec moi sur le quai du métro (je crois qu’il a encore mal aux fesses et à l’amour-propre) - J. m’a touchée en vidant son sac sans peur d’être jugée - le Droit, c’est pas si mal. l’Ecole du Louvre eût été encore mieux (dommage) - agréable surprise de la part de certains de mes camarades de promo qui, en dépit de mon attitude peu “avenante”, viennent spontanément vers moi - lundi matin, direction boulot sans avoir dormi, Super Bowl oblige (hiii!) - j’ai effacé tes mails (les derniers dégueulaient de la boîte) - elle m’a dit que je lui manquais et j’ai fait comme si je n’entendais rien - j’arrête de fumer, encore - M. sera bientôt à l’autre bout du monde - elle fait semblant de. pourtant je la vois couler à pic. monochromie ou pas - entre deux beuveries, c’est carré de chocolat blanc à la noix de coco caramélisée et infusion menthe/réglisse - et le rock pour seule berceuse. (encore et toujours.)
les 26 du 22
elle m’a encore appelée à 11h40 pour me rappeler qu’il y a x années, le monde venait d’accueillir une petite (grande) chose rose (à tendance violacée) qui contrastait alors avec la table de réa néonat sur laquelle on l’avait posée. lui s’est encore interrogé à voix haute pour savoir si ça datait de 83 ou 82. et moi je lui ai encore demandé combien d’enfants il avait eus en réalité pour oublier quelle année c’était.
le temps qui court me laisse perplexe. petite, il paraît que je passais des heures à jouer avec le sablier de la cuisine. (je le trouvais joli avec son bois exotique et son sable rose.) à le tourner et le retourner, encore et encore. et puis il y a cette fascination pour les montres, que j’ai depuis toujours. un des plus beaux objets que je connaisse en fait. un esthétisme qui finira par me tuer, moi aussi. (peut-être est-ce le fait de ne pas réussir à se projeter dans l’avenir qui a fait naître mon intérêt pour ce qui matérialise le temps.)
chaque année je suis partagée entre l’attention, l’affection que l’on me témoigne et qui me touchent, et le poids de tout ce qui me reste à faire, qui m’accable. ces choses à accomplir et ce travail à réaliser sur moi. ces êtres que j’ai encore à rencontrer, ceux que j’ai perdus en route. bref, l’inconscient et systématique bilan.
mais cette année, je dois essayer de laisser le manège m’emporter.
alors au lieu d’allonger ma liste de vie, je les vois/entends/lis penser à moi. c’est plutôt cool en fait.
les montres sont rangées au fond de leur tiroir. (au moins jusqu’à demain.)
it’s show( )time

allez les girlz, on trinque!
“[...] la réforme du divorce par la loi du 11 juillet 1975 a rendu caduques les solutions issues de la jurisprudence Rivière et a organisé de nouvelles règles de conflit regroupées à l’article [...]”
(y’a des soirs nuits où je regrette un peu d’avoir tiré mes études à pile ou face.)
…
ah.
on me dit dans l’oreillette que Bette et Tina sont enfin rentrées et qu’elles m’attendent dans le boudoir.
(quoi?! je peux quand même pas les laisser en plan, ça se fait pas.)
minuit, l’heure du scream
minuit tapante. j’entre dans la cuisine, commence à m’affairer au-dessus de l’évier. et là, je sens comme des gouttelettes qui m’éclaboussent le visage de manière latéro-rotative. un peu comme quand il commence à bruiner sur Paris, ‘voyez? sauf qu’il n’est pas censé pleuvoir dans une cuisine, putain de bordel de merde nom d’un p’tit bonhomme. c’est alors qu’en levant le nez, je m’aperçois que les conduites (d’eau donc, à l’évidence) qui traversent le plafond suent comme des esquimaux sur la plage. su-peeer.
mais t’as beau couper l’arrivée d’eau, comme ça vient apparemment de chez le voisin du dessus (chez qui il ne semble y avoir personne, bien entendu), y’a un peu rien à faire. réveiller la gardienne? à part me regarder avec un air navré, je vois pas bien ce qu’elle pourrait faire (puis je parle pas roumain, ça facilite pas la communication). appeler la proprio? à minuit?! elle va m’écharper. d’autant qu’elle a déjà du faire changer le radiateur de ladite cuisine (qui tenait jusque là plus de la chambre froide) il y a deux semaines.
le plus formidable c’est que demain sera mon premier jour de boulot. parce que oui, figurez-vous que j’ai découvert qu’il y a ici des gens prêts à me payer pour les aider deux jours par semaine à chasser les têtes et jouer les assistantes à lunettes. comme quoi ça peut être pas mal, Paris. (quand t’as une cuisine waterproof).
et puisque la demie-mesure, chez Coline, on connait pas, mes exams commencent dans trois deux jours. or je n’ai qu’une vague idée du contenu de deux matières seulement. on peut pas tout faire à la fois: recommencer doucement à glisser et réviser.
pendant ce temps-là, ma mère regrette au téléphone que je ne sois pas venue faire les soldes à Milan avec elle cette année. et ne s’inquiète pas outre mesure, puisqu’elle a lu que “2009 serait l’année de la réussite sur tous les fronts pour les Verseaux”.
(ouf. je suis sauvée.)