me, myself and I
je me suis toujours demandé comment on pouvait sentir le vide.
(c’est vrai ça: ressentir une chose qui n’existe pas aussi intensément, c’est quand même un tour de force non? et pourtant…)
je me suis toujours demandé comment on pouvait sentir le vide.
(c’est vrai ça: ressentir une chose qui n’existe pas aussi intensément, c’est quand même un tour de force non? et pourtant…)
cinq minutes auront suffi à me rappeler pour quoi je l’aime. elle est généreuse, par exemple. dix à me confirmer que la fuite était une question de (sur)vie. elle est généreusement anxiogène, par exemple.
la matriarche repart demain. alors bien sûr, je suis contente de l’avoir vue et c’est un pincement au cœur que je l’accompagnerai sur le quai de la gare (j’vous ai déjà dit à quel point je déteste les gares?).
oui mais.
pouvoir ne pas faire semblant de dormir à 4h du mat’. laisser le patron/gérant/beau gosse du resto l’offrir, ce troisième kir. ne pas entendre vingt-huit fois par jour les mots “tu devrais” (à l’entraînement, parce qu’en compèt’ elle fait mieux). rentrer ronde et hilare (voire accompagnée). ne pas avoir sans arrêt l’impression d’être la fille d’un nutritionniste (”tu sais pourtant très bien que deux vrais repas par jour, c’est un strict minimum!“). regarder la télé sans avoir à expliquer combien ces programmes affligeants sont enrichissants d’un point de vue sociologique. réaliser au dernier moment que non, décidément, trois heures d’amphi c’est vachement moins rock’n'roll que de rester au lit. recevoir un le texto en pleine nuit sans se faire pourrir.
mais surtout. surtout.
pouvoir enfin fumer mes clopes de pétasse tranquille.
(à cause de J. maintenant je fume des Virginia Slims. et j’assume complètement le côté putafrange que ça me donne.)
et puis, parfois, une envie surpasse toutes les autres.
celle de hurler par exemple.
(une première fois parce qu’on en ressent l’irrépressible envie, une seconde parce qu’on ne comprend toujours pas la raison d’être de la première.)
EDIT: j’ai appuyé sur le bouton “Panic” pourtant.
alerte.
la matriarche débarque demain. (et ceux qui connaissent le nombre de membres de ladite archie savent combien ce mot est approprié.) je m’en vais donc karcheriser mon antre du sol au plafond, planquer mes saletés de bonbons et enfiler Gare de Lyon l’étroit costume de la fille méritante et exemplaire, fée du logis accomplie de surcroît.
si on vous demande, j’ai arrêté de fumer il y a quatre ans, je ne bois que du thé vert, me nourris exclusivement de produits sains et riches en vitamines, et je vais courir trois fois par semaine au milieu de Mère Nature aux Buttes Chaumont. ma vertu est toujours intacte et j’attends que mon prince charmant vienne sur son fier cheval blanc me libérer de cette tour dans laquelle je me suis moi-même enfermée. je parle un langage des plus châtiés, suis un modèle de moralité, jouis d’une intégrité immaculée et j’ai, bien entendu, conscience d’avoir été enfantée par un être exceptionnel. je me passionne en outre pour tout un tas de sujets plus enthousiasmants les uns que les autres, du Droit international économique à la Propriété industrielle, en passant par le Droit communautaire de la concurrence.
(vos chèques seront envoyés dès que possible.)