s’aventurer à tâtons dans un obscur tunnel. se remettre en question. douter.
et puis soudain apercevoir quelqu’un allumer une lanterne dans un recoin de ce tunnel. alors cette petite loupiote qui danse au loin semble vous dire “je t’entends“.
c’est ainsi qu’hier soir j’ai trouvé sur le rebord de ma fenêtre une luciole, arrivée à point nommé.
aujourd’hui aura été un jour sans. c’est l’incompétent marchand de sable de cette nuit qui l’a emporté, c’est sûr. sans grain de folie. cette coquetterie des désespérés qui essaient de rendre leur quotidien un peu moins morose. qui entretiennent l’illusion en partageant leur masque. qui mettent en scène leur vie, à défaut de la vivre. cette étrangeté qui fait dire à Mathilde dans la cour de l’école que Coline est un clown. ce refus de résignation aussi, qui pousse à toujours tenter de se persuader que demain sera meilleur. rêve ma grande.
il est des jours, donc, où le clown a le réveil triste. sans savoir pourquoi. et au fond, trouver une explication, ça changerait quoi? rien du tout. c’est alors que la mascarade laisse place à la lucidité. et mer-de. on se traine dès le saut du lit une sale envie un lourd besoin de chialer. l’existence revêt son vrai visage. celui d’un paysage lunaire. inhabité et inhabitable. et le bouillonnement intérieur n’est plus. parti sans laisser d’adresse.
de mémoire, j’ai toujours été en colère. peut-être parce que je me débats depuis le début avec ce que je ne veux pas que la vie soit. et qu’elle est pourtant. quelle conne. on a pas idée de se battre contre des moulins à vent. mais cette masse d’énergie viscérale, parfois si violente qu’elle en est difficilement contrôlable, se transforme certains jours en une sorte de trou noir. engloutissant tout sur son passage. un vrai vide intérieur. comme un astre en perdition qui s’écroule sur lui-même.
c’est donc ça: je dois avoir un soleil dans le ventre. holy fuckin’ shit. j’aurais préféré l’avoir dans le cœur…