tu te lèves, déjà vidée, et commences par répandre ton petit déj’ au sol. ça t’apprendra à vouloir te sustenter, loukoum. puis tu te traînes jusqu’à la douche, te cramer un peu après avoir grelotté devant le lavabo. en sortant, tu essuies la buée du miroir pour vérifier. on sait jamais… vite déçue, tu attrapes les fringues propres qui gisent sur le canapé en attendant de te donner la vague impression de ne pas te promener à poil sous la neige une fois sortie. et t’en profites au passage pour cultiver ton côté grosse rebelle en refusant de chercher la chaussette assortie.
dehors, de la buée, encore. celle qui sort de ta bouche quand tu halètes tel un veau errant jusqu’au métro. là, toujours les mêmes tronches. différentes et pourtant tristement semblables. tu finis par t’extirper du tube après t’être laissée bercer par ce chaos de fer et de chair et gagnes l’ascenseur qui débouchera un jour lointain sur ta retraite.
là, tu constates navrée que oui, les requêtes qu’on t’adresse sont toujours aussi navrantes. et que non, tu ne peux décemment pas y répondre par un limpide “ne te mets jamais à bosser correctement, mon cœur ne supporterait pas le choc”.
alors tu embrayes sur un café serré/clope tassée assise dans les escaliers, tes yeux dans le vide et ta tête ailleurs. où, tu ne sais pas bien. et tu t’en fous.
il est 9h18. plus que 522 minutes avant… avant quoi au juste?
certaines journées ne sont que douleur silencieuse.